La biotech liégeoise Amyl Therapeuticslève 8 millions pour attaquer Alzheimer

La biotech liégeoise Amyl Therapeuticslève 8 millions pour attaquer Alzheimer

September 24, 2026

Pierre Vandepapelière, CEO Amyl Therapeutics. Installée au LégiaPark, le pôle des sciences du vivant à Liège, Amyl Therapeutics fait partie de ces sociétés de biotechnologie qui s’attaquent aux maladies neurodégénératives incurables. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

La biotech liégeoise Amyl Therapeutics a levé 8,25 millions d’euros via une extension de série A. L’argent doit valider sa plateforme et faire avancer un candidat-médicament contre Alzheimer vers les essais cliniques. La moitié des fonds vient de subventions publiques et l’autre d’investisseurs privés, portant le total levé à 27,85 millions d’euro.

Pierre Vandepapelière avoue que cela n’a pas été facile, mais le résultat est là : la société qu’il a créée il y a six ans, Amyl Therapeutics, a réussi à collecter quelque 8,25 millions d’euros, un apport d’argent frais qui sera utilisé pour valider la plateforme d’Amyl et faire avancer son candidat-médicament vers les essais cliniques. Installée au LégiaPark, le pôle des sciences du vivant à Liège, Amyl Therapeutics fait partie de ces sociétés de biotechnologie qui s’attaquent aux maladies neurodégénératives incurables, en particulier les deux plus fréquentes, Alzheimer et Parkinson, pour lesquelles les progrès médicaux sont lents, mais pas inexistants. Elle développe un traitement unique qui cible tous les agrégats de protéines à l’origine de ces maladies, ce qui multiplie les chances d’efficacité. 

La moitié de cette levée de 8,25 millions d’euros, qui est la clôture d’une extension de série A, provient de subventions publiques et l’autre moitié est issue d’investisseurs privés, d’une part des family offices et des business angels qui souhaitent rester anonymes, et d’autre part des investisseurs historiques, dont Noshaq et Mérieux Equity Partners. Ces nouveaux financements portent le total des fonds levés par la société depuis sa création en 2020 par Pierre Vandepapelière et Florent Gros, qui en est le président, à 27,85 millions d’euros.

Des besoins médicaux non satisfaits

Un des nouveaux investisseurs majeurs de la société, issu d’un family office, va rejoindre le conseil d’administration. Afin de prendre en compte l’accélération de ses activités de recherche, Amyl va agrandir ses laboratoires au sein du LégiaPark à Liège, et l’équipe passera bientôt à onze personnes. Avec plus de 55 millions de personnes souffrant de démence en 2020, la maladie d’Alzheimer, qui sera la première visée, est l’un des besoins médicaux non satisfaits les plus importants à l’échelle mondiale. Ce chiffre devrait dépasser les 139 millions d’ici 2050. Alzheimer représente jusqu’à 70 % des cas de démence.

 
Depuis 2020, trois anticorps monoclonaux ont démontré un effet modérément positif sur l’évolution de cette maladie. Mais à la différence de ces traitements qui ne ciblent qu’une seule protéine à la fois, et dont l’action est donc limitée, Amyl développe un traitement unique qui brasse plus large. Il s’agit d’une protéine de fusion (un médicament biologique) conçue pour reconnaître et neutraliser les trois types de fibrilles amyloïdes toxiques impliquées dans les différentes maladies neurodégénératives ciblées.

27,85 millions € 

Ces nouveaux financements portent le total des fonds levés par la jeune société depuis sa création à 27,85 millions d’euros.

Autre élément différenciant : à l’instar de plus en plus d’autres laboratoires pharmaceutiques, Amyl a ajouté une « navette cérébrale » qui facilite le passage de la barrière hémato-encéphalique, une limitation majeure des produits biothérapeutiques existants, et la pénétration dans le cerveau.

Enfin, le candidat-médicament a été spécialement adapté pour ne pas causer les effets secondaires rencontrés avec les molécules existantes, comme les œdèmes, l’anémie ou certaines micro-hémorragies cérébrales. Ces effets néfastes très contraignants expliquent que plusieurs pays, dont la Belgique, ne remboursent pas ces nouveaux traitements.

Des engagements des fonds d’investissement

« Nous avons déjà eu de très bons résultats in vitro et sur des tissus humains », explique Pierre Vandepapelière. « Mais les fonds d’investissement et les laboratoires pharmaceutiques nous disent qu’ils veulent d’abord avoir des résultats dans les modèles animaux et qu’ils veulent un produit plus avancé avant de s’engager. Pas moyen donc de trouver des fonds de venture capital. Nous avons dû nous tourner vers les privés, en Belgique, en France, en Suisse et aux États-Unis, ce qui nous a permis de débloquer une avance récupérable de la Région wallonne. Ces financements sont suffisants pour nous amener dans 18 mois aux résultats de candidat clinique et aux données d’efficacité en modèle animal. Des fonds d’investissement se sont engagés pour le tour suivant », ajoute le CEO.

Amyl Therapeutics a engagé il y a deux ans un nouveau CSO (Chief Scientific Officer), le Français Damien Toulorge, docteur en neurosciences et expert en chimie des protéines, « ce qui nous a permis d’avancer de façon beaucoup plus pointue », relève encore le CEO. L’équipe collabore avec des dizaines de partenaires académiques et privés dans le monde et a largement recours à la sous-traitance, notamment en Chine. « Ils travaillent à un niveau de qualité, avec une vitesse et à des coûts qui défient toute concurrence », conclut Pierre Vandepapelière.

Source: ©Mediafin – L’Echo, Olivier Gosset, 1 septembre 2026.

Le présent article est reproduit avec l’autorisation de l’Editeur, tous droits réservés. Toute utilisation ultérieure doit faire l’objet d’une autorisation spécifique de la société de gestion Copiepresse: info@copiepresse.be

This article is reproduced with the permission of the publisher, all rights reserved. Any further use must be specifically authorised by the management company Copiepresse: info@copiepresse.be

About Merieux Equity Partners

Mérieux Equity Partners (MxEP) is an AMF-accredited management company dedicated to  equity investments in healthcare. MxEP actively supports entrepreneurs and companies  with differentiated products and services, giving them privileged access to its sector  expertise and international network. MxEP currently manages c.€1.5bn ($1.6bn) AUM.

www.merieux-partners.com

About Noshaq Partners

Noshaq is a Belgian investment fund and project developer with a portfolio of 477 companies. Noshaq is the reference financial partner for the creation and development of SMEs in the Liege region (Wallonia). Over the years, it has developed a range of financing vehicles in line with the needs and trends of the market and its strategy. Each service offered by Noshaq (capital – loan – leasing) is always determined according to the demands and needs of the owner-investor. Its objective is always to have a leverage effect on the company’s development.

www.noshaq.be

About Sambrinvest

With over 35 years of experience working alongside companies and entrepreneurs, more than 280 portfolio companies and 170 million euros in assets under management, Sambrinvest is a major venture capital player in Wallonia. More than an investment fund, Sambrinvest is also a catalyst for the development of local ecosystems, such as biotech, digital and engineering.

www.sambrinvest.be